Boulevard Roosevelt : la maison Weber en sursis

Publié le 30 Avril 2011

Boulevard Roosevelt : la maison Weber en sursis

Boulevard Roosevelt : la maison Weber en sursis

L'Alsace du 30/04/2011 par Valentine Joubin

La maison Weber, située 6-14 boulevard Roosevelt, à côté de la clinique du Diaconat, est invisible depuis le boulevard.

La fondation du Diaconat a décidé de suspendre son projet de démolition de la maison Weber, demeure du XVIIIe siècle. Les associations de défense du patrimoine espèrent un abandon définitif de la procédure.

Quand un projet en chasse un autre. Le rachat, en janvier dernier, de la clinique du Saint-Sauveur par la Fondation de la maison du Diaconat a mis en suspens le projet de démolition de la maison Weber, un hôtel particulier construit en 1794 par Laurent Weber, riche teinturier et rachetée en 1967 par la fondation.

La destruction du bâtiment situé 6-14 boulevard Roosevelt devait permettre la réalisation d’une extension de 10 000 m² de la clinique, ainsi que la construction d’un couloir pour relier l’ensemble de la structure médicale. Le regroupement des deux cliniques privées a mis un frein au processus. Depuis février 2010, date d’obtention du permis, le chantier n’a pas démarré. « Le projet est actuellement en stand by », affirme Diego Calabro, directeur général de la fondation. Il reste cependant discret sur le sort qui sera réservé in fine à la demeure.

De son côté, le Conseil consultatif du patrimoine mulhousien (CCPM) souhaite un abandon définitif du projet : « Nous espérons que les logiques soient modifiées, que le rachat de la clinique Saint-Sauveur amène le Diaconat à travailler selon un système de pavillons séparés et non plus de reliage », confie Marie-Claire Vitoux, présidente honoraire du CCPM et maître de conférences à l’Université de Haute-Alsace.

Le conseil avait déjà tenté de faire entendre sa voix en 2010 lors de l’attribution du permis de démolir par Jean Rottner, alors adjoint en charge de l’urbanisme. À l’époque, l’association avait défendu les particularités de cette bâtisse d’inspiration baroque comme son escalier monumental ou son balcon en fonte moulée. Selon Marie-Claire Vitoux, la maison Weber constitue « l’un des rares témoignages subsistant de la première révolution industrielle ».

Mais n’étant pas classé aux bâtiments historiques de France ni inscrit au registre régional, la maison « n’est pas légalement protégée », explique l’universitaire. Une absence de reconnaissance officielle qui a en partie permis à la Fondation du Diaconat d’obtenir le droit de démolir ce vestige du XVIII e siècle.

Pour Francis Fricker, président de l’association Godefroy Engelmann (du nom du créateur de la Société industrielle de Mulhouse), la démolition ne peut se justifier compte tenu de l’état du bâtiment « peu dégradé et restaurable ». « On ne veut pas voir que c’est un bâtiment qui a de la valeur », estime l’ancien professeur des universités. Il appelle la municipalité à revenir sur l’autorisation accordée à la Fondation de la maison du Diaconat.

le 30/04/2011 par Valentine Joubin

Rédigé par SOCIETE GODEFROY ENGELMANN

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