Réaménagement du Square Steinbach - Le commissaire enquêteur rend un avis défavorable

Publié le 12 Octobre 2012

Réaménagement du Square Steinbach - Le commissaire enquêteur rend un avis défavorable

Dernières Nouvelles d'Alsace du 12/10/2012

Le projet renvoyé sur les roses

Le commissaire enquêteur a rendu un avis défavorable au projet de réaménagement du square Steinbach présenté par Jean Rottner et le cabinet Mutabilis. Il « constituerait une atteinte grave au patrimoine historique et à la mémoire de Georges Steinbach », dit-il. La Ville doit revoir sa copie.

C’est une rebuffade sur la forme et sur le fond que vient d’essuyer le maire Jean Rottner dans une étape importante du projet Mulhouse Grand Centre. Sa proposition de réaménagement du square Steinbach vient en effet de recevoir un avis défavorable du commissaire enquêteur Clément Bohly. Ce contretemps vient bousculer le calendrier initial en contraignant la municipalité à remettre le travail sur le métier, « une nouvelle étape dans le dialogue et la concertation » dit-elle, façon urbaine de reconnaître qu’en l’état actuel le projet est bel et bien retoqué et qu’elle va devoir tenir compte des conclusions rendues si elle ne veut pas courir au contentieux administratif. Et l’avis favorable émis dans le dossier voisin et connexe de la Cour du Musée des Beaux-arts, qui autorise le déclassement de cet Espace boisé classé (ce qui au demeurant signe l’arrêt de mort du vieux mais superbe paulownia) ne suffira sans doute pas à consoler la mairie.

« La volonté des donateurs… »

Mais pourquoi le commissaire enquêteur a-t-il rendu un avis défavorable à la suppression du classement en Espace boisé classé du square Steinbach ?

Sur la forme il relève d’emblée dans le préambule, non sans une pointe d’étonnement, que la Ville s’est permis des privautés.

« Ce n’est qu’avec beaucoup de retard qu’il a été donné suite à (nos) demandes d’informations et de prises de position sur les observations du public », relève-t-il. Il ajoute d’autre part « qu’à l’insu du commissaire enquêteur, l’autorité requérante a pris l’initiative de convoquer pour le 5 septembre 2012, après clôture de l’enquête publique, une réunion d’information du public s’ajoutant à celles qu’elle avait déjà organisées ».

Et rappelle en gras que la possibilité était ouverte d’organiser, « en concertation avec le commissaire enquêteur et sous l’autorité de celui-ci, une réunion d’information du public où, dans le cadre légal et démocratique, toute neutralité aurait été préservée »…

Voilà pour les remarques sur la forme, suffisamment inhabituelle pour être rapportées.

«Il est à craindre que...»

Sur le fond, le commissaire enquêteur donne en partie suite aux arguments avancés par certains défenseurs du patrimoine (lire ci-dessous).

« Une levée de la protection d’espace boisé classé reposant sur le square Steinbach ne peut être regardée que comme un changement d’affectation et de mode d’occupation du sol de nature à compromettre la conservation ou la protection des boisements », conclut-il.

Il précise que « même si les initiateurs du projet assurent que les arbres, qualifiés de remarquables, ainsi que certaines autres espèces ligneuses, seraient conservés, il est à craindre que les reprofilages des surfaces, les modifications dans les cheminements […] perturberont le système racinaire existant ainsi que l’équilibre symbiotique des micro-organismes du sol ».

Clément Bohly revient ensuite sur l’acception du mot ‘’square’’ et les conditions de sa donation, au coeur du dossier.

« La volonté des donateurs ressortant de l’acte notarié conclu le 27 septembre 1894 s’oppose ostensiblement à la création d’un « espace où les limites de la ville et celles du jardin seront diffuses » et à la constitution « d’une nouvelle plateforme d’accès à l’hypercentre »», (tels que décrits par la Ville), dit-il.

Éclaircir plutôt que déboiser

Mais tout n’est pas négatif dans les conclusions. L’idée d’éclaircir la végétation est validée.

« Il n’en reste pas moins qu’ « ouvrir le square sur son contexte architectural » irait indubitablement dans le sens d’une valorisation du patrimoine historique », indique-t-il, estimant que « les élagages et les tailles d’éclaircissement […] ne constitueraient pas une atteinte grave à l’intégrité de l’espace boisé du square ».

Bref, il y a un équilibre à trouver et c’est sur cet équilibre, entre patrimoine et modernité, que la Ville doit désormais rebondir et retravailler le projet de réaménagement.

par G.G., Dernières Nouvelles d'Alsace du 12/10/2012

Rédigé par SOCIETE GODEFROY ENGELMANN

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