Maison Weber / La manufacture de 1794 menacée

Publié le 22 Mai 2011

Maison Weber / La manufacture de 1794 menacée

Péril en la demeure

Dernières Nouvelles d'Alsace du dimanche 22/05/2011

Depuis un an, la fondation du Diaconat a l’autorisation de démolir « l’hôtel Weber », inscrit à l’inventaire des bâtiments historiques, situé 6/14 boulevard Roosevelt sur le site de la clinique, dans un parc protégé en retrait du carrefour Roosevelt-Porte Haute. Cet immeuble est remarquable tant dans sa forme — « avec notamment son balcon en fonte moulée », précise Marie-Claire Vitoux — que dans son état de conservation. Pourtant, il est plus âgé que la Réunion de Mulhouse à la France. À l’origine, il s’agissait d’une manufacture, la toute première construite en dehors des murs de la ville. Au siècle dernier, l’hôtel a abrité le service municipal de l’urbanisme avant d’être cédé au Diaconat.

Le site comprend également des écuries d’époque et une petite conciergerie. Malgré les qualités de la maison Weber, le permis de démolir a été accordé par la Ville au Diaconat quand la fondation a affirmé qu’il était impossible d’en faire un usage hospitalier et manifesté son intention de créer un plateau technique de soins de 10 000 m² Entre temps, la fondation a acquis la clinique Saint-Sauveur et le projet de plateau serait gelé.

Mais à défaut d’en avoir confirmation de la part de la direction qui n’a pas répondu à nos sollicitations, il s’agit d’une rumeur. Le maire Jean Rottner est également dans l’expectative (lire par ailleurs ses déclarations).

Le silence du propriétaire du site sur ses intentions, inquiète Francis Fricker, ancien directeur du Technpôle. Il a consulté ce fameux permis de démolir qui se fonde, entre autres, sur un « avis réputé favorable » de l’architecte des Bâtiments de France. Il oblige aussi le propriétaire à conserver la modeste conciergerie.

Conciergerie alibi ?

Francis Fricker s’insurge: l’hôtel au-dessus duquel est suspendu le bras d’une pelleteuse, est répertorié à l’inventaire des bâtiments historiques et il est situé en Zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager (ZPPAUP). Quant à l’architecte des Bâtiments de France, n’ayant certainement pas vu l’immeuble, son silence équivaut donc à un avis favorable. Enfin l’obligation de restaurer la conciergerie est incompréhensible en raison de l’état du délabrement avancé de ce logement et de sa médiocre qualité architecturale.

Francis Fricker invite les dirigeants de la Ville à se référer au document que Marie-Claire Vitoux a publié dans l’Annuaire historique de Mulhouse, sur cette maison intitulé « Péril en la demeure » pour comprendre quel joyau risque de perdre Mulhouse si la maison vient à disparaître.

(*)engelmann.patrimoine@gmail.com

Eric Chabauty

Dernières Nouvelles d'Alsace du dimanche 22/05/2011

Rédigé par SOCIETE GODEFROY ENGELMANN

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